Bausch & Lomb Incorporated a obtenu avec succès le transfert du nom de domaine typosquatté preservison.shop via une procédure UDRP auprès de l’WIPO. Le défendeur a enregistré le domaine le 1er novembre 2025 et a immédiatement déployé un site web copieur imitant la marque officielle PRESERVISION et les produits de vitamines oculaires du plaignant. L’experte Brigitte Joppich a ordonné le transfert du domaine le 23 décembre 2025, résolvant le litige en un peu plus de 50 jours après l’enregistrement.
Aperçu du cas
| Numéro de cas | D2025-4699 |
|---|---|
| Plaignant | Bausch & Lomb Incorporated |
| Défendeur | thebestking mu |
| Domaine contesté | preservison.shop |
| Tactique de menace | Typo Domains |
| Date de la décision | 2025-12-23 |
| Experte | Brigitte Joppich |
| Résultat | Transfert |
| Source officielle | https://www.wipo.int/amc/en/domains/search/text.jsp?case=D2025-4699 |
Détournement de trafic et risques de confiance liés aux boutiques médicales ciblées par des fautes de frappe
L’enregistrement du domaine typosquatté preservison.shop cible directement les consommateurs à la recherche de traitements spécialisés contre la dégénérescence maculaire, une catégorie sensible de vitamines oculaires commercialisées sous la marque PRESERVISION depuis 2001. En omettant la deuxième lettre « i » de la marque déposée, le défendeur a exploité des erreurs de clavier courantes pour intercepter et détourner le trafic web légitime. Cette tactique crée une menace commerciale immédiate en redirigeant les utilisateurs, qui avaient l’intention de visiter les canaux en ligne officiels du plaignant, vers une boutique numérique tierce non autorisée. Comme le produit en question est un complément médical, le risque de détournement de trafic est amplifié par la nature critique des produits de santé recherchés.
Au-delà du simple détournement, l’hébergement d’un site web copieur sur le domaine contesté pose de graves risques pour la valeur de la marque et la confiance des consommateurs. Le défendeur a utilisé le logo officiel, les marques déposées et les supports marketing protégés du plaignant pour promouvoir des produits « PRESERVISION AREDS 2 » sans autorisation. Cette usurpation délibérée de l’entreprise trompe les utilisateurs en leur faisant croire qu’ils traitent avec le propriétaire de la marque ou un vendeur autorisé. Bien que le dossier administratif ne contienne aucune preuve de ventes réelles de vitamines contrefaites, de campagnes de phishing par email ou de mesures directes de transactions, la simple existence d’une boutique non vérifiée imitant une marque médicale nuit à la confiance des consommateurs et menace l’intégrité du réseau de distribution autorisé de la marque.
Analyse du panel sur la similitude, les droits et l’enregistrement de mauvaise foi
En vertu du premier élément de la politique UDRP, l’experte Brigitte Joppich a évalué si le nom de domaine contesté, preservison.shop, est identique ou prête à confusion avec la marque déposée PRESERVISION de Bausch & Lomb Incorporated. Le plaignant a établi ses droits par le biais de plusieurs enregistrements de marque, notamment le Reg. No. 2,696,725 aux États-Unis, enregistré le 11 mars 2003 pour des vitamines oculaires commercialisées depuis 2001. Le panel a conclu que le nom de domaine contesté intègre le cœur de la marque avec seulement une omission typographique mineure, à savoir la suppression de la deuxième lettre « i ». Cette légère faute de frappe de la marque PRESERVISION est juridiquement insuffisante pour distinguer le domaine de la marque protégée, satisfaisant ainsi l’exigence de qualité pour agir du paragraphe 4(a)(i) de la politique.
Concernant le deuxième élément, le panel a examiné si le défendeur, thebestking mu, possédait des droits ou des intérêts légitimes sur le domaine contesté. Le plaignant a présenté un dossier établissant que le défendeur n’est pas communément connu sous le nom de « preservison », n’a jamais été titulaire d’une licence de Bausch & Lomb et n’a jamais reçu d’autorisation pour enregistrer ou utiliser la marque PRESERVISION. Le défendeur a fait défaut, ne soumettant aucune réponse avant la date limite du 15 décembre 2025 fixée par le Centre d’Arbitrage et de Médiation de l’WIPO. Comme le défendeur n’a pas réussi à réfuter ces affirmations ou à démontrer une utilisation légitime non commerciale ou équitable, le panel a conclu que la deuxième condition du paragraphe 4(a)(ii) de la politique était entièrement remplie.
L’analyse de la mauvaise foi en vertu du paragraphe 4(a)(iii) de la politique s’est concentrée sur le ciblage intentionnel de la valeur de la marque par le défendeur. La marque PRESERVISION étant activement promue depuis 2001, il est hautement improbable que le défendeur n’ait pas eu connaissance de la marque lors de l’enregistrement du domaine le 1er novembre 2025. Cela a été confirmé par le déploiement immédiat par le défendeur d’un site web copieur affichant le logo officiel PRESERVISION du plaignant et faisant la publicité de son produit « PRESERVISION AREDS 2 » à l’aide de supports de marque copiés. En vertu du paragraphe 4(b)(iv) de la politique, l’utilisation d’une variante avec une légère faute de frappe pour héberger une boutique en ligne copieuse constitue une tentative intentionnelle d’attirer les internautes à des fins commerciales en créant un risque de confusion, satisfaisant ainsi la norme juridique d’enregistrement et d’utilisation de mauvaise foi.
Décomposition de la stratégie : Application rapide et preuves probantes
Le facteur principal du succès du plaignant a été le calendrier d’application rapide exécuté par Bausch & Lomb Incorporated. En déposant la plainte UDRP le 12 novembre 2025, seulement 11 jours après l’enregistrement de preservison.shop le 1er novembre 2025, le plaignant a empêché la plateforme copieuse d’établir une présence prolongée sur le marché. Cette action rapide n’a laissé au défendeur aucune base crédible pour revendiquer des droits ou des intérêts légitimes via une utilisation antérieure non contestée. Pour les professionnels de la propriété intellectuelle, cela démontre qu’une surveillance proactive et un dépôt immédiat après la détection de domaines typosquattés ciblant des produits clés peuvent limiter sévèrement les manœuvres procédurales potentielles d’un défendeur.
En outre, le plaignant a présenté des preuves indéniables d’enregistrement et d’utilisation de mauvaise foi pour obtenir le transfert. Bausch & Lomb a documenté que le site web à l’adresse preservison.shop hébergeait activement une boutique copieuse affichant bien en vue le logo officiel PRESERVISION et commercialisant le produit « PRESERVISION AREDS 2 » en utilisant du contenu copié directement depuis la présence web officielle du plaignant. Cette preuve claire de détournement de trafic a satisfait aux critères du paragraphe 4(b)(iv) de la politique, prouvant que le défendeur recherchait intentionnellement un gain commercial en créant une confusion chez les consommateurs. Fournir une preuve visuelle directe de l’appropriation de la marque a permis à l’experte Brigitte Joppich de constater la mauvaise foi et d’ordonner le transfert, même en cas de défaut du défendeur.
Recommandations pratiques
- Établir des systèmes de surveillance de marque automatisés conçus pour signaler les domaines à haute probabilité de typosquattage—en se concentrant spécifiquement sur l’omission de lettres uniques (telles que « preservison » pour « PRESERVISION »)—sur des gTLD de vente au détail à haut risque comme « .shop ».
- Développer un pipeline juridique de réponse rapide pour préparer et déposer des plaintes UDRP rapidement, en reflétant le délai de 11 jours atteint dans ce cas, afin de minimiser la durée de vie active des sites e-commerce contrefaisants.
- Sécuriser des archives de sites web complètes et horodatées, ainsi que des captures de code source des boutiques copies immédiatement après leur découverte, afin de documenter l’utilisation non autorisée des logos de marque, des noms de produits et des supports marketing protégés par le droit d’auteur avant que le contenu ne soit modifié ou supprimé.
- Maintenir un portefeuille prêt à l’emploi de certificats d’enregistrement de marque et de documentation sur l’historique de la marque pour rationaliser le processus de dépôt et établir une priorité incontestée en vertu du premier élément de l’UDRP.
Foire aux questions (FAQ)
Pourquoi le domaine preservison.shop a-t-il été considéré comme prêtant à confusion avec la marque de Bausch & Lomb ?
Le panel de l’WIPO a conclu que « preservison » est une variante avec une faute de frappe proche de la marque déposée PRESERVISION, n’omettant que la lettre « i ». Cette faute d’orthographe mineure a été jugée insuffisante pour distinguer le domaine de la célèbre marque.
Quelles preuves le panel a-t-il citées pour démontrer la mauvaise foi du défendeur ?
Le panel a conclu que le défendeur a agi de mauvaise foi en créant intentionnellement un site web copieur qui utilisait le logo officiel et le contenu marketing de Bausch & Lomb pour promouvoir des vitamines « PRESERVISION AREDS 2 », visant clairement à détourner du trafic à des fins commerciales.
Le défendeur avait-il des droits légitimes sur le nom de domaine contesté ?
Non. Le panel a déterminé que le défendeur n’a jamais été autorisé ou licencié par Bausch & Lomb pour utiliser la marque, et qu’il n’était pas non plus communément connu sous le nom de « preservison », établissant ainsi l’absence de droits ou d’intérêts légitimes.
À quelle rapidité ce cas a-t-il été résolu et quel en a été le résultat ?
Le cas a été résolu rapidement ; le domaine a été enregistré le 1er novembre 2025, la plainte a été déposée le 12 novembre 2025 et l’experte de l’WIPO a ordonné le transfert du domaine à Bausch & Lomb le 23 décembre 2025.
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Cette note de cas est fournie à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique.



