Fenix International Limited a obtenu avec succès le transfert de huit noms de domaine, dont onlyfansleak.art et onlyfansleak.top. Le défendeur a utilisé la célèbre marque ONLYFANS associée au terme « leak » (fuite) pour rediriger le trafic vers des services de divertissement pour adultes tiers sur Telegram, constituant ainsi une preuve de mauvaise foi.
Aperçu de l’affaire
| Numéro de dossier | D2026-1427 |
|---|---|
| Plaignant | Fenix International Limited |
| Défendeur | Maria L. Santos, Loogle Inc. |
| Domaines contestés | onlyfansleak.artonlyfansleak.clickonlyfansleak.cyouonlyfansleak.icuonlyfansleak.latonlyfansleak.lolonlyfansleak.sbsonlyfansleak.top |
| Tactique de menace | Marque plus mot-clé |
| Date de la décision | 18-05-2026 |
| Expert | Indrek Eelmets |
| Résultat | Transfert |
| Source officielle | https://www.wipo.int/amc/en/domains/search/text.jsp?case=D2026-1427 |
Érosion de l’exclusivité de la plateforme et de la confiance via les risques de sécurité
L’enregistrement de huit domaines combinant la marque ONLYFANS avec le terme descriptif « leak » cible directement le modèle commercial d’une plateforme comptant plus de 305 millions d’utilisateurs inscrits. En positionnant ces domaines comme des points d’accès à du contenu « ayant fuité », le défendeur a exploité l’intérêt des consommateurs pour le contenu restreint afin de détourner le trafic vers des chaînes Telegram tierces proposant des services pour adultes. Cette tactique éloigne les utilisateurs d’un écosystème modéré vers un environnement tiers non vérifié, sapant l’exclusivité qui définit la proposition de valeur du plaignant et facilitant potentiellement la distribution non autorisée de contenu.
Au-delà du simple détournement de trafic, la présence d’avertissements de « site dangereux » sur plusieurs des domaines contestés pose un risque substantiel pour la réputation de la marque et la confiance des clients. Lorsqu’une marque est associée à des signaux de sécurité, cela crée une perception négative de la sécurité numérique de la marque, même si la plateforme principale reste sécurisée. La stratégie d’enregistrement en masse du défendeur sur plusieurs TLD tels que .art, .top et .sbs le 5 décembre 2025 reflète une intention de maximiser cette empreinte. L’absence de réponse à la lettre de mise en demeure de janvier 2026 confirme davantage une menace commerciale caractérisée par l’exploitation intentionnelle de la valeur de la marque à des fins lucratives via une redirection trompeuse et à haut risque.
Analyse du raisonnement de l’expert et des conclusions juridiques
En évaluant le premier élément de l’UDRP, l’expert Indrek Eelmets a conclu que les huit domaines contestés étaient similaires au point de créer un risque de confusion avec la marque ONLYFANS du plaignant. L’expert a déterminé que l’inclusion de la marque dans son intégralité au sein des domaines satisfaisait au seuil requis, notant que l’ajout du terme descriptif « leak » en tant que suffixe n’empêche pas de conclure à une similitude créant un risque de confusion. Pour les propriétaires de marques, cela renforce le principe selon lequel l’ajout de mots-clés — en particulier ceux qui impliquent un contenu non autorisé ou « fuité » — cible directement le public de la marque et exacerbe le risque de confusion chez les consommateurs au lieu de l’atténuer.
Concernant les droits ou intérêts légitimes, l’expert a conclu que le défendeur n’avait aucune autorisation, licence ou relation avec Fenix International Limited. Le défendeur n’était pas communément connu sous les noms contestés et ne détenait aucun droit de marque indépendant. Les preuves ont démontré que les domaines étaient utilisés pour rediriger le trafic vers des chaînes Telegram proposant des services de divertissement pour adultes à des fins lucratives. Cette utilisation d’une marque célèbre pour détourner des utilisateurs vers des plateformes tierces pour des services concurrents ou commerciaux n’est pas considérée comme une offre de bonne foi de biens ou de services selon la Policy, surtout lorsque cette redirection exploite la réputation d’une plateforme établie comptant plus de 305 millions d’utilisateurs.
La détermination de la mauvaise foi s’est concentrée sur le ciblage clair par le défendeur de la marque ONLYFANS, enregistrée et bien connue des années avant la création des domaines contestés le 5 décembre 2025. L’expert a observé que le défendeur n’a pas répondu à une lettre de mise en demeure envoyée en janvier 2026, un silence qui étaye une présomption de mauvaise foi. De plus, la présence d’avertissements de « site dangereux » sur plusieurs domaines, tels que onlyfansleak.top, a fourni une preuve supplémentaire de la nature malveillante des enregistrements. Ces avertissements de sécurité, combinés à la redirection non autorisée vers des applications de messagerie non modérées, démontrent un risque élevé d’atteinte à la réputation de la marque et de préjudice potentiel pour le public.
Cette affaire illustre les risques commerciaux associés aux enregistrements en masse sur des TLD divers et spécialisés comme .art, .lol et .sbs. La décision de l’expert de transférer les huit domaines confirme que les efforts concertés pour capturer du trafic par des tactiques de « marque plus mot-clé » seront traités comme une exploitation de mauvaise foi. Pour les professionnels de la propriété intellectuelle, cette décision souligne que l’absence de détermination de la légalité spécifique du contenu sur la plateforme de destination (Telegram) n’entrave pas un transfert UDRP si l’intention sous-jacente de tirer profit de la réputation du plaignant et l’absence de réponse légitime sont clairement établies.
Décomposition de la stratégie : contrer les narratifs de fuites de contenu et l’exploitation multi-TLD
La stratégie de Fenix International a réussi en démontrant que l’ajout du terme descriptif « leak » à la marque ONLYFANS n’atténue pas la similitude créant un risque de confusion, mais accroît plutôt la probabilité de tromperie des consommateurs. En enregistrant huit domaines en une seule journée sur divers TLD, dont .art, .lol et .top, le défendeur a tenté de capitaliser sur la popularité de la marque de médias sociaux en pleine croissance et sur l’intention spécifique des utilisateurs cherchant du contenu de la plateforme. Les preuves fournies par le plaignant concernant ses enregistrements de marque mondiaux remontant à 2019 et sa base d’utilisateurs massive de plus de 305 millions ont servi de fondement pour prouver la connaissance préalable de la marque par le défendeur. Cela a établi que l’utilisation de « leak » visait spécifiquement à attirer les utilisateurs, confirmant la tactique de « marque plus mot-clé » comme une tentative de mauvaise foi d’exploiter la réputation commerciale du plaignant.
L’affaire a été renforcée par la documentation sur le détournement commercial vers des plateformes tierces non modérées. Plus précisément, le plaignant a fourni des preuves que les domaines contestés redirigeaient les utilisateurs vers des chaînes Telegram proposant des services de divertissement pour adultes, une manœuvre conçue pour un gain commercial par l’utilisation non autorisée d’une marque célèbre. L’absence de réponse du défendeur à la lettre de mise en demeure formelle envoyée le 7 janvier 2026 a étayé une présomption de mauvaise foi et suggéré l’absence de droits ou intérêts légitimes. En outre, la présence d’avertissements de « site dangereux » sur certains domaines a mis en évidence un risque commercial tangible impliquant des dommages à la marque et des préoccupations de sécurité. Ces points probants ont confirmé que le défendeur n’était pas communément connu sous ces noms et n’avait aucune autorisation d’utiliser la marque, ne laissant aucune place à une défense d’utilisation légitime non commerciale.
Recommandations pratiques
- Mettre en œuvre une surveillance automatisée des combinaisons « Marque + [Mot-clé à haut risque] », ciblant spécifiquement des termes comme « leak », « free » ou « exclusive », fréquemment utilisés pour détourner les utilisateurs de réseaux sociaux vers des plateformes non modérées comme Telegram.
- Utiliser des dépôts UDRP consolidés lorsqu’un seul défendeur effectue des enregistrements en masse le même jour sur plusieurs TLD de niche (ex. : .art, .lol, .sbs) pour améliorer la rentabilité et démontrer un modèle d’enregistrement de mauvaise foi.
- S’assurer que toutes les lettres de mise en demeure sont formellement documentées et incluses dans la plainte UDRP, car l’absence de réponse du défendeur à un avis pré-contentieux reste un facteur important pour les experts afin de déduire la mauvaise foi.
- Compléter les efforts de récupération de domaine par des signalements d’abus aux applications de messagerie tierces (ex. : Telegram) et aux fournisseurs de sécurité de navigation (ex. : Google Safe Browsing) pour atténuer les dommages à la marque dus aux avertissements de « site dangereux » pendant que l’UDRP est en cours.
- Auditer l’exposition de la marque sur des TLD à faible coût et à fort volume (.icu, .cyou, .top) lors des lancements de produits ou des phases de forte croissance, car ces extensions sont fréquemment utilisées pour des tactiques de « marque plus mot-clé » en raison de leur faible barrière à l’entrée pour les acteurs de mauvaise foi.
Foire aux questions (FAQ)
Pourquoi l’expert a-t-il déterminé que des domaines comme « onlyfansleak.art » sont similaires au point de créer un risque de confusion avec la marque OnlyFans ?
L’expert WIPO a constaté que les noms de domaine contestés intègrent la célèbre marque « ONLYFANS » dans son intégralité. L’ajout du terme descriptif « leak » ne distingue pas le domaine de la marque du plaignant, mais crée plutôt une probabilité de confusion parmi les utilisateurs recherchant le contenu de la plateforme.
Quelle preuve a établi que le défendeur n’avait aucun droit ni intérêt légitime sur ces domaines ?
L’expert a conclu que le défendeur n’avait aucun droit ni intérêt légitime parce qu’il n’avait aucune autorisation du plaignant pour utiliser la marque OnlyFans, qu’il n’était pas communément connu sous ces noms et qu’il ne détenait lui-même aucun droit de marque.
Comment le plaignant a-t-il prouvé que le défendeur a agi de mauvaise foi ?
La mauvaise foi a été démontrée par le fait que le défendeur ciblait une marque célèbre pour un gain commercial via une redirection non autorisée vers des chaînes Telegram, l’absence de réponse à une lettre de mise en demeure, et le fait que plusieurs domaines déclenchaient des avertissements de « site dangereux » dans les navigateurs.
Quel était l’objectif tactique derrière l’enregistrement en masse de ces domaines spécifiques par le défendeur ?
Le défendeur a utilisé une stratégie de « marque plus mot-clé » sur plusieurs TLD pour détourner le trafic des utilisateurs loin de la plateforme officielle vers des services tiers non modérés, exploitant efficacement le nom de marque OnlyFans pour attirer les utilisateurs intéressés par le contenu de la plateforme.
Stoppez l’usurpation par « Marque-Plus-Mot-Clé »
Les acteurs malveillants utilisent de plus en plus des termes descriptifs comme « leak » aux côtés de votre marque pour détourner le trafic vers des sites tiers malveillants. Votre marque est-elle utilisée dans des enregistrements de domaine similaires ?
Cette note de jurisprudence est fournie à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique.



