Deciem Beauty Group Inc. a obtenu avec succès le transfert des noms de domaine theordinarys.top et theordinarys.beauty détenus par le défendeur 王 士飞. La commission de l’WIPO a conclu que ces domaines étaient utilisés pour usurper l’identité de la marque de soins de la peau à des fins commerciales et a ordonné leur transfert immédiat.
Résumé de l’affaire
| Numéro de cas | D2025-3943 |
|---|---|
| Demandeur | Deciem Beauty Group Inc. |
| Défendeur | 王 士飞 |
| Domaine litigieux | theordinarys.top |
| Tactique de menace | Typo-squattage |
| Date de décision | 09-12-2025 |
| Expert | José Ignacio San Martín Santamaría |
| Résultat | Transfert |
| Source officielle | https://www.wipo.int/amc/en/domains/search/text.jsp?case=D2025-3943 |
Menaces réputationnelles et commerciales par usurpation d’identité de marque ciblée
Deciem Beauty Group Inc. fait face à une menace directe pour sa réputation mondiale et la confiance de ses consommateurs en raison des tactiques d’usurpation employées par le défendeur. En exploitant des sites web sous le nom commercial « Theordinarybeauty » via les domaines theordinarys.top et theordinarys.beauty, le défendeur a intentionnellement créé une fausse impression d’affiliation ou d’approbation. Sur le marché hautement concurrentiel de la beauté et des soins de la peau, où Deciem est présent dans plus de 100 pays et détient des centaines d’enregistrements de marques pour THE ORDINARY, de telles usurpations peuvent induire les consommateurs en erreur, les poussant à partager des données ou à acheter des produits en pensant avoir affaire à la marque officielle. Le détournement de la marque du demandeur pour favoriser cette fausse association nuit à la capacité de maintenir un message de marque cohérent et de fidéliser la clientèle à l’international.
Le recours au typo-squattage par l’ajout d’un « s » final à la marque principale représente une tentative calculée de détournement de trafic à des fins lucratives. Cette légère pluralisation est une tactique classique conçue pour capter les utilisateurs commettant des fautes de frappe lors de leurs recherches en ligne. En utilisant des extensions spécifiques au secteur comme « .beauty », le défendeur a exploité le contexte commercial de l’industrie des soins de la peau pour attirer les internautes. L’expert de l’WIPO a spécifiquement conclu que ce comportement visait à perturber les activités de Deciem et à attirer des utilisateurs à des fins lucratives en créant une confusion probable. Pour les professionnels de la propriété intellectuelle, cette affaire souligne comment des variations subtiles dans les noms de domaine sont utilisées pour siphonner un trafic à forte valeur ajoutée, entraînant des pertes de revenus potentielles et la dilution de la marque principale THE ORDINARY.
Par ailleurs, l’utilisation par le défendeur d’un service de confidentialité pour masquer son identité lors du processus d’enregistrement via Dynadot Inc. reflète une mauvaise foi évidente visant à échapper à toute responsabilité. Ce manque de transparence, combiné à l’absence de réponse substantielle à la plainte UDRP, confirme l’inexistence d’une offre légitime de produits ou de services. La perte de contrôle commercial sur ces actifs numériques spécifiques à la marque a contraint Deciem à engager une procédure formelle de résolution des litiges pour empêcher l’exploitation continue de sa propriété intellectuelle. L’ordonnance de transfert des noms de domaine souligne la nécessité d’une action proactive pour protéger l’intégrité du marché numérique contre les acteurs cherchant à monétiser la confusion des consommateurs.
Raisonnement juridique : Similitude déroutante, absence de droits et usurpation de mauvaise foi
L’analyse de la commission concernant la similitude déroutante s’est concentrée sur l’intégration par le défendeur de la marque THE ORDINARY dans son intégralité au sein des noms de domaine litigieux. L’ajout de la lettre « s » à la marque enregistrée dans theordinarys.top et theordinarys.beauty a été jugé insuffisant pour distinguer les domaines des droits établis du demandeur. Compte tenu de la présence mondiale de Deciem Beauty Group Inc. et de son vaste portefeuille — incluant des enregistrements de marques dans l’Union européenne et aux États-Unis datant de 2016 et 2017 — la commission a conclu que les domaines étaient clairement conçus pour tirer profit de l’identité reconnaissable de la marque de soins de la peau par le biais du typo-squattage classique.
Concernant le deuxième élément de la politique UDRP, la commission a déterminé que le défendeur ne possédait aucun droit ni intérêt légitime. Les preuves fournies par le demandeur ont établi que le défendeur n’était pas connu sous ces noms litigieux et n’avait jamais reçu l’autorisation d’utiliser la marque THE ORDINARY. En outre, la commission a observé que l’utilisation des domaines par le défendeur ne constituait pas une offre légitime de biens ou de services. Au contraire, cette activité a été caractérisée comme un détournement de la marque et des œuvres protégées par le droit d’auteur du demandeur, spécifiquement conçue pour tromper les consommateurs en créant une fausse impression d’association officielle.
La conclusion de mauvaise foi a été étayée par la tentative active du défendeur d’usurper l’identité de la marque à des fins lucratives. En adoptant le nom commercial « Theordinarybeauty » sur le site web associé, le défendeur a cherché à détourner le trafic internet en créant une confusion probable avec les marques du demandeur. Cette tactique, combinée à l’utilisation d’un service de confidentialité pour masquer l’identité du déposant, a fourni une preuve claire d’une intention de perturber les opérations commerciales du demandeur. La commission a conclu que l’enregistrement et l’usage ultérieur visaient à attirer des utilisateurs en exploitant la réputation d’un leader mondial de l’industrie de la beauté.
Analyse de la stratégie : Documentation complète des marques et preuves d’usurpation
Deciem Beauty Group Inc. a obtenu le transfert des domaines litigieux en fournissant une base probante solide de ses droits de marque mondiaux pour THE ORDINARY. En documentant des enregistrements dans l’Union européenne depuis 2016 et aux États-Unis depuis 2017, le demandeur a établi la pérennité et la portée internationale de sa marque dans 100 pays. Cette documentation exhaustive a permis au demandeur de soutenir avec succès que les domaines litigieux, theordinarys.top et theordinarys.beauty, présentaient une similitude déroutante avec ses marques protégées. La stratégie a souligné que le simple ajout de la lettre « s » à la fin de la marque est une tactique classique de typo-squattage juridiquement insuffisante pour distinguer un domaine d’une marque déposée. Cette preuve fondamentale des droits a directement conduit à la conclusion de la commission concernant la similitude déroutante selon le premier élément de l’UDRP.
Le demandeur a davantage consolidé son dossier en présentant des preuves spécifiques de mauvaise foi liées aux tactiques d’usurpation actives du défendeur. Le défendeur a utilisé le nom « Theordinarybeauty » sur le site associé, ce que l’expert a identifié comme une tentative délibérée de créer une fausse impression d’affiliation ou d’approbation à des fins lucratives. Cette preuve de marquage trompeur a été cruciale pour démontrer que le défendeur n’avait aucun droit ni intérêt légitime et cherchait activement à détourner le trafic en créant la confusion au sein de la clientèle du demandeur. De plus, l’équipe juridique de Deciem a fait preuve de diligence procédurale en fournissant une clarification demandée par la commission le 26 novembre 2025. Cette réactivité, contrastant avec le défaut total de soumission d’observation substantielle de la part du défendeur, a renforcé le caractère persuasif de la plainte et a facilité la décision finale d’ordonner le transfert des deux noms de domaine.
Recommandations pratiques
- Surveillez de manière proactive et envisagez des enregistrements défensifs pour les versions au pluriel des marques principales (ex: ‘MarqueS.tld’), car les commissions concluent systématiquement que l’ajout d’un ‘s’ ne suffit pas à éviter une similitude déroutante.
- Incluez des captures d’écran et des archives des en-têtes de sites ou des noms commerciaux utilisés sur les sites des défendeurs, tels que ‘Theordinarybeauty’, pour prouver que le défendeur usurpe intentionnellement l’identité de la marque à des fins commerciales.
- Étendez la surveillance de la protection de la marque aux gTLD spécifiques à l’industrie tels que ‘.beauty’ et aux TLD à haut risque comme ‘.top’, fréquemment utilisés pour le typo-squattage à faible coût et le détournement de trafic.
- Utilisez le processus UDRP pour démasquer les déposants se cachant derrière des services de confidentialité ; comme vu dans cette affaire, la divulgation du déposant réel fournit souvent le lien nécessaire pour établir la mauvaise foi lors de l’enregistrement.
- Maintenez un portefeuille à jour d’enregistrements de marques mondiales pour démontrer des droits établis dans de multiples juridictions, ce qui simplifie la preuve du « premier élément » dans les procédures UDRP.
Foire aux questions (FAQ)
Pourquoi la commission UDRP a-t-elle déterminé que les domaines ‘theordinarys.top’ et ‘theordinarys.beauty’ présentaient une similitude déroutante avec la marque du demandeur ?
La commission a constaté que les domaines litigieux intègrent la marque ‘THE ORDINARY’ dans son intégralité, avec seulement l’ajout de la lettre ‘s’. Cette modification mineure est insuffisante pour distinguer les domaines de la marque déposée de Deciem Beauty Group.
Comment le défendeur a-t-il tenté d’usurper l’identité de Deciem Beauty Group Inc. via ces noms de domaine ?
Le défendeur a adopté le nom commercial ‘Theordinarybeauty’ sur les sites web associés. Il s’agissait d’une tactique délibérée visant à faire croire aux consommateurs que les sites étaient officiellement affiliés ou approuvés par le demandeur, facilitant ainsi le détournement de trafic à des fins commerciales.
Quelles preuves ont confirmé que le défendeur a agi de mauvaise foi ?
La mauvaise foi a été prouvée par l’utilisation de la marque par le défendeur pour créer une fausse impression d’association, associée à l’intention de perturber les activités de Deciem Beauty Group et d’attirer des internautes à des fins commerciales. De plus, le défendeur n’a fourni aucune réponse substantielle aux allégations au cours de la procédure.
Quel a été le résultat pratique pour Deciem Beauty Group Inc. concernant ces domaines non autorisés ?
La commission de l’WIPO a statué en faveur du demandeur, ordonnant le transfert immédiat de ‘theordinarys.top’ et ‘theordinarys.beauty’ à Deciem Beauty Group Inc. pour empêcher toute dilution supplémentaire de la marque et toute confusion des consommateurs.
Récupération de domaines ressemblants
L’affaire Deciem Beauty Group met en évidence comment des variations mineures comme ‘theordinarys’ sont utilisées pour imiter des marques et tromper les clients. Si votre marque fait face à un typo-squattage similaire, nous pouvons vous aider à évaluer votre éligibilité à l’UDRP et à reprendre le contrôle de vos actifs numériques.
Cette fiche d’affaire est fournie à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique.



