Novomatic AG a contesté avec succès l’enregistrement par YURY ZANCHENKO de 29 domaines utilisant la marque « BOOK OF RA » associée à des suffixes géographiques. La commission a ordonné le transfert de tous les domaines après avoir constaté que le défendeur les utilisait de mauvaise foi pour rediriger le trafic vers des sites de jeux commerciaux.
Aperçu de l’affaire
| Numéro de dossier | D2026-1509 |
|---|---|
| Plaignant | Novomatic AG |
| Défendeur | YURY ZANCHENKO |
| Domaines litigieux | bookofra-ar.combookofra-at.combookofra-au.combookofra-bd.combookofra-be.combookofra-br.combookofra-ca.combookofra-ch.combookofra-co.combookofra-cz.combookofra-dk.combookofra-es.combookofra-fi.combookofra-fr.combookofra-gr.combookofra-hr.combookofra-hu.combookofra-in.combookofra-mx.combookofra-nl.combookofra-no.combookofra-nz.combookofra-pl.combookofra-ro.combookofra-si.combookofra-sk.combookofra-th.combookofra-tr.combookofra-vn.com |
| Tactique de menace | Imitation géographique |
| Date de la décision | 2026-06-25 |
| Expert | Yijun Tian |
| Résultat | Transfert |
| Source officielle | https://www.wipo.int/amc/en/domains/search/text.jsp?case=D2026-1509 |
Le risque commercial lié à l’imitation géographique et au détournement de trafic non autorisé
L’enregistrement de 29 noms de domaine par le défendeur, chacun incorporant la marque « BOOK OF RA » de Novomatic AG accompagnée d’abréviations géographiques à deux lettres, constitue une tentative calculée d’exploiter la valeur de la marque par le biais de l’imitation géographique. En utilisant ces variantes de domaine, le défendeur a créé un risque élevé de confusion chez les consommateurs, induisant les utilisateurs en erreur en leur laissant croire que les pages web résultantes étaient officiellement parrainées, affiliées ou approuvées par le plaignant. Cette stratégie cible efficacement des clients potentiels dans de multiples juridictions internationales, tirant parti de la réputation d’une marque de jeu établie pour capturer le trafic destiné à des plateformes légitimes.
Au-delà de la dilution immédiate de la valeur de la marque, cette conduite facilite le détournement non autorisé du trafic vers des casinos en ligne commerciaux tiers. Cette redirection systématique représente une menace importante pour la confiance des consommateurs, car les utilisateurs à la recherche de l’expérience de jeu « BOOK OF RA » authentique sont redirigés vers des sites externes sous de faux prétextes. La décision de la commission confirme que cette activité constitue une mauvaise foi au sens de l’UDRP, le défendeur ayant l’intention de tirer profit de la confusion générée par la convention de nommage trompeuse. Pour les propriétaires de marques, cette affaire souligne la nécessité d’une surveillance proactive pour atténuer l’érosion des canaux d’acquisition de clients et empêcher la monétisation non autorisée de la propriété intellectuelle.
Raisonnement de la commission : Gérer l’imitation géographique et la mauvaise foi dans l’enregistrement massif de domaines
La commission a abordé le seuil de similitude prêtant à confusion en confirmant que l’inclusion d’abréviations géographiques à deux lettres ne remet pas en cause les droits de marque du plaignant. En incorporant la marque « BOOK OF RA » dans sa totalité, le défendeur a échoué à créer une identité distincte, et la commission a conclu que de tels suffixes ne protègent pas les domaines litigieux contre les conclusions de contrefaçon. Cette approche souligne que l’ajout d’identifiants géographiques est une stratégie courante mais inefficace pour ceux qui tentent de contourner les protections standards des marques dans les litiges relatifs aux noms de domaine.
Concernant les droits ou intérêts légitimes, l’absence de réponse formelle du défendeur s’est révélée fatale à sa défense. L’absence de toute preuve suggérant que le défendeur est communément connu sous ces noms ou qu’il fait un usage légitime non commercial ou équitable des domaines a laissé le dossier prima facie du plaignant sans contestation. Ce silence a permis à la commission de déterminer que le défendeur ne disposait d’aucune autorisation ou droit vérifiable pour déployer la marque sur un tel portefeuille de 29 domaines.
La commission a en outre identifié des indicateurs clairs de mauvaise foi en vertu de la Politique, notant l’utilisation par le défendeur des domaines pour rediriger les internautes vers des casinos en ligne commerciaux. Cette utilisation tactique du détournement de trafic confirme l’intention du défendeur de capitaliser sur la valeur de la marque du plaignant pour un gain financier en trompant les utilisateurs, en leur faisant croire que les sites étaient affiliés ou approuvés par le plaignant. En créant systématiquement un risque de confusion, les actions du défendeur remplissaient les critères d’enregistrement et d’utilisation de mauvaise foi, rendant nécessaire le transfert de l’ensemble des 29 domaines au plaignant.
Analyse stratégique : Tirer parti de la force de la marque contre l’imitation géographique massive
La stratégie de Novomatic AG consistait à démontrer que l’utilisation par le défendeur de 29 noms de domaine distincts, chacun combinant la marque « BOOK OF RA » avec un suffixe de pays à deux lettres, était une tentative calculée d’exploiter la réputation mondiale de la marque. En associant systématiquement la marque à des identifiants géographiques, le défendeur a cherché à créer une illusion locale d’authenticité. Le plaignant a réussi à démontrer que ces ajouts ne réduisaient pas le risque de confusion chez les consommateurs. Au lieu de cela, la commission a reconnu cette tendance comme un effort délibéré pour détourner le trafic Internet vers des sites de jeux commerciaux, établissant fermement les deuxième et troisième éléments de l’UDRP : l’absence d’intérêt légitime et la présence d’un enregistrement et d’une utilisation de mauvaise foi.
L’efficacité de cette stratégie a été renforcée par le défaut du défendeur à participer à la procédure, ce qui a permis à la commission de statuer sans prendre en considération de réfutation. Les preuves apportées par Novomatic AG, liant clairement l’enregistrement de ces domaines spécifiques à la promotion de casinos en ligne non autorisés, ont suffi à prouver que le défendeur avait agi avec l’intention de tirer profit des droits de marque établis de la marque. En documentant efficacement le schéma de mauvaise foi — où le défendeur utilisait la marque pour usurper les services du plaignant — Novomatic AG a obtenu une ordonnance de transfert complète pour les 29 domaines litigieux, démontrant l’importance de traiter le squatting massif par une action juridique unifiée.
Recommandations pratiques
- Surveillez de manière proactive les enregistrements de domaines qui combinent des marques principales avec des codes de pays ISO ou des suffixes géographiques, car ce modèle d’« imitation géographique » est un indicateur fiable d’enregistrement de mauvaise foi.
- Consolidez plusieurs domaines contrefaisants sous une seule plainte UDRP « groupée » lorsqu’ils partagent une propriété commune et un modèle d’utilisation similaire afin d’améliorer l’efficacité procédurale et de réduire les coûts juridiques.
- Incluez des preuves spécifiques de redirection de trafic (par exemple, captures d’écran, journaux vidéo ou traces de redirection de navigateur) vers les sites web de concurrents commerciaux pour satisfaire à l’exigence de mauvaise foi selon le paragraphe 4(b)(iv) de l’UDRP.
- Maintenez un calendrier complet et à jour des enregistrements mondiaux de marques pour démontrer clairement la présence de votre marque dans les juridictions imitées par le défendeur.
- Lorsqu’un défendeur omet de déposer une réponse formelle, utilisez l’historique procédural de l’UDRP pour demander une décision accélérée, car les commissions ont le pouvoir de rendre des conclusions basées sur les preuves du plaignant en l’absence de réfutation.
Foire aux questions (FAQ)
Pourquoi la commission a-t-elle considéré que les 29 domaines litigieux prêtaient à confusion avec la marque « BOOK OF RA » ?
La commission a déterminé que les domaines prêtaient à confusion car ils incorporaient intégralement la marque « BOOK OF RA ». L’ajout de suffixes géographiques à deux lettres (par exemple, -ar, -at, -au) n’a pas annulé la similitude prêtant à confusion ni distingué les domaines de la marque établie de Novomatic AG.
Comment le défendeur a-t-il tenté d’utiliser les suffixes géographiques à son avantage ?
Le défendeur a employé une tactique d’imitation géographique en ajoutant des abréviations de pays spécifiques à la marque « BOOK OF RA » pour créer une fausse impression de présence locale autorisée. Cette stratégie visait à tromper les internautes en leur faisant croire que les sites étaient officiellement affiliés à Novomatic AG dans ces régions spécifiques.
Quelles preuves ont confirmé que le défendeur a agi de mauvaise foi ?
La mauvaise foi a été établie par l’utilisation par le défendeur des domaines pour rediriger le trafic vers un casino en ligne commercial non autorisé. Cette conduite a démontré une intention claire de tirer profit de la confusion des consommateurs en tirant parti de la valeur de la marque du plaignant pour attirer les utilisateurs vers des services tiers.
Quel a été le résultat du défaut du défendeur à soumettre une réponse formelle à la plainte ?
Le défaut de réponse du défendeur a entraîné un constat de carence, permettant à la commission de statuer sur la base des preuves fournies par Novomatic AG. Par conséquent, la commission a conclu que le défendeur ne possédait aucun droit ou intérêt légitime sur les domaines et a ordonné le transfert de l’ensemble des 29 noms de domaine litigieux au plaignant.
Vous constatez des abus de marque dans une zone géographique ?
L’enregistrement massif de domaines utilisant des suffixes géographiques peut fragmenter la présence mondiale de votre marque. Si vous avez identifié des domaines régionaux non autorisés ciblant vos marques, notre équipe peut vous aider à évaluer la viabilité d’une action UDRP pour sécuriser et consolider votre empreinte numérique.
Cette note de cas est fournie à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique.



